Cinq jours, pas six : pourquoi la série ne reste jamais plus longtemps
On nous demande souvent : pourquoi pas une semaine de plus ? Il y a tant à faire. Justement. Si on reste 6 jours, on reste 10, puis on devient un salarié de plus qui porte le fondateur à la place de l'équipe. La règle est écrite : 5 jours, pas 6. Cet article explique ce que fait chaque journée, pourquoi le sixième jour serait un échec et ce qui se passe après.
Le sixième jour est un piège
Au bout de 5 jours dans une entreprise, on commence à connaître les prénoms, les clients, les habitudes. On devient utile. C'est précisément à ce moment qu'il faut partir. Parce qu'une personne de plus qui sait tout, ce n'est pas une solution, c'est un deuxième goulot.
La règle est donc simple et non négociable : 5 jours sur place. Le lundi on entre, le vendredi on sort. Après, c'est l'équipe et le fondateur, seuls, pendant 90 jours, avec un rendez-vous de 20 minutes le vendredi.
Ce que chaque jour fait
Jour 1 : la liste
L'équipe est réunie sans le fondateur. Une seule question : « qu'est-ce qui attend qu'il valide ? » On note tout. Disons 23 lignes. C'est le compteur de départ. Le fondateur découvre la liste le soir. Il n'aime pas, en général.
Jour 2 : l'argent
On sort la balance âgée. On relance le soir même. On programme J+5 et J+15. On ne cherche pas à être aimé des clients en retard. On cherche la paie du 28.
Jour 3 : la feuille
Une page A4. Une tâche, un prénom, un montant maximum, la phrase « si tu te trompes, je couvre ». Deux signatures. Affichée dans l'atelier ou le bureau. Ce n'est pas une délégation orale, c'est un droit écrit.
Jour 4 : les machines
On met des machines sur les corvées : les relances la nuit, le tri des mails, les brouillons de devis, la trésorerie à 13 semaines. Jamais une machine avant une permission : si la feuille du jour 3 n'existe pas, la machine n'existe pas.
Jour 5 : il lâche
Le fondateur éteint son téléphone 2 heures devant l'équipe. On filme ce qui se passe. Souvent rien. Parfois quelque chose. Les deux sont instructifs.
Pourquoi pas 3 jours, pourquoi pas 10
- En 3 jours, on n'a pas le temps de faire la liste, l'argent et la feuille. On fait du diagnostic, et le diagnostic seul ne protège aucune paie.
- En 10 jours, on fait à la place de l'équipe. On devient le nouvel endroit où ça passe. Le compteur baisse parce qu'on le porte, pas parce qu'il a bougé.
- 5 jours, c'est une semaine de travail. Tout le monde comprend. Personne ne peut dire « je n'ai pas eu le temps ».
Ce que la règle protège
Elle protège l'équipe, qui doit tenir seule dès le lundi suivant. Elle protège le fondateur, qui ne doit pas remplacer une dépendance par une autre. Et elle protège la série : un sauvetage qui tient parce que quelqu'un est resté n'a aucune valeur. C'est ce que montre le jour 30, quand on vérifie que ça tient sans personne.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90. Si votre entreprise fait 5 à 30 personnes et que ces 5 jours vous semblent à la fois trop courts et terrifiants, vous pouvez candidater.
Les objections qu'on entend
« Mon activité est trop particulière pour 5 jours. » Toutes le sont, et toutes ont une liste du jour 1 et une balance âgée. « Mon équipe n'est pas prête. » Elle ne le sera jamais tant que la feuille n'existe pas. « Je ne peux pas être disponible 5 jours d'affilée. » C'est précisément l'information que donne le compteur : si vous ne pouvez pas dégager une semaine, c'est que 23 lignes passent par vous, et c'est le problème qu'on vient regarder, pas une raison de reporter.
Votre jour 1, ce soir
Vous n'avez pas besoin de nous pour le jour 1. Demandez à quelqu'un de confiance dans l'équipe de réunir les autres demain, sans vous, 20 minutes, avec une question : « qu'est-ce qui attend qu'il valide ? » Demandez-leur de vous donner la liste le soir, sans commentaire. Lisez-la sans répondre. C'est le début des 5 jours, et vous pouvez le faire un lundi ordinaire.
