Entreprise en difficulté : les 7 signes qu'il est temps d'agir
Une entreprise ne ferme jamais d'un coup. Elle envoie des signaux pendant des mois, et le fondateur est souvent le dernier à les lire, parce qu'il a la tête dans les devis. Voilà les 7 signes que je retrouve dans presque toutes les boîtes de 5 à 30 personnes qui vont mal. Si vous en reconnaissez 2, lisez jusqu'au bout.
1. Vous payez la paie du 28 avec l'argent du 15
C'est le premier signe, et le plus trompeur, parce que ça marche encore. Le mois dernier, ça a marché. Ce mois-ci aussi. Le problème n'est pas que ça marche : c'est que ça fait 6 mois que ça marche encore. Une entreprise en bonne santé sait le 1er du mois si elle paie le 28. Une entreprise en difficulté le découvre le 25.
2. Plus de 20 000 € dorment chez vos clients
Ouvrez votre balance âgée, maintenant. Si des factures de plus de 2 mois totalisent 20 000 € ou plus, et que personne ne les relance parce que « ils vont payer », vous n'avez pas un problème de chiffre d'affaires. Vous avez un problème de relance. Et la relance ne se fait pas parce qu'elle dépend d'une seule personne : vous, le dimanche soir.
3. Si vous êtes malade une semaine, personne ne sait qui fait les devis
Posez-vous la question honnêtement. Qui signe un devis de 1 400 € si vous avez une grippe ? Si la réponse est « personne », votre entreprise ne tient pas sans vous. Elle tient par vous. Et un homme ou une femme, ça tombe.
4. Votre équipe dit « il faut que je lui demande »
Pour un délai de paiement de 8 jours. Pour une commande de fournitures à 300 €. Pour répondre au client qui a appelé mardi. Chaque « il faut que je lui demande » est une ligne de plus qui passe par vous, et une personne compétente qui attend. Dans la série, on compte ces lignes le jour 1. Disons 23. C'est ce chiffre-là qu'on fait descendre.
5. Vous prenez les décisions graves après 22 heures
Embaucher, se séparer de quelqu'un, changer les prix, signer un emprunt. Si ces décisions-là se prennent fatigué, seul, tard, c'est que la journée est mangée par ce qui ne devrait pas être à vous : les relances, les devis courants, le planning du jeudi.
6. Le découvert est devenu permanent
Un découvert, c'est un outil. Un découvert qui ne se referme plus depuis 3 mois, c'est une dette qui ne dit pas son nom. Votre banquier le voit. Votre expert-comptable le voit. Ils le voient souvent 18 mois avant la fermeture. Le fondateur, lui, regarde les clients.
7. Vous avez dit « c'est plus rapide si je le fais moi-même » cette semaine
C'est la phrase la plus dangereuse d'une entreprise qui souffre. Elle est vraie aujourd'hui. C'est exactement pour ça qu'elle tue : chaque fois que vous la dites, vous ajoutez une ligne au compteur, et le jour où vous tombez, les 23 lignes tombent avec vous.
Ce qu'on peut encore faire
Presque tout, à condition de le faire dans l'ordre. D'abord l'argent : relancer, dès ce soir, les 5 plus gros montants en retard. Ensuite le droit : donner, par écrit, à une personne de l'équipe le pouvoir de décider sur un sujet, jusqu'à un montant. Puis les corvées : les confier à des machines qui travaillent la nuit. Et enfin, lâcher : éteindre son téléphone 2 heures, et regarder ce qui tient. C'est la méthode NOHELM, et c'est ce que la série filme pendant 5 jours, puis 90.
Si vous lisez cette page à 23 heures, après avoir relu des devis, ce n'est pas un hasard. C'est le signe n° 5. Pour aller plus loin : comment relancer vos factures impayées dès ce soir, et pourquoi une entreprise qui ne tient pas sans vous est le vrai problème. Ou, si vous avez 2 signes sur 7, candidatez.
