Fiche de poste ou permission : ce qui manque vraiment à votre équipe
Vous avez peut-être rédigé des fiches de poste. Elles disent ce que chacun doit faire. Et pourtant, tout remonte encore vers vous. Parce qu'une fiche de poste décrit des tâches, pas des droits. Elle dit « gérer les commandes », pas « jusqu'à 300 € sans me demander ». Cet article explique la différence entre fiche de poste et permission, et pourquoi c'est la seconde qui vous manque.
Deux documents qui n'ont pas le même travail
La fiche de poste répond à la question : qu'est-ce que je dois faire ? La permission répond à une autre : qu'est-ce que j'ai le droit de décider seul ? Dans une entreprise de 5 à 30 personnes, la première est parfois là. La seconde n'existe presque jamais.
Résultat : vos salariés savent qu'ils « gèrent les commandes ». Mais quand le fournisseur propose une référence à disons 40 € de plus, ils viennent vous voir. La fiche de poste ne leur dit pas s'ils peuvent dire oui. Alors ils demandent.
Ce que la fiche de poste fait bien
Disons une boîte de 7 où chaque poste a sa fiche, relue à l'embauche puis jamais rouverte. Le travail est clair. Le droit, lui, n'a jamais été écrit nulle part.
Elle n'est pas inutile. Elle clarifie qui fait quoi. Elle évite que deux personnes fassent la même chose, ou que personne ne la fasse. Elle sert au recrutement, à l'entretien annuel. C'est une carte des tâches.
Mais une carte des tâches n'a pas de bord. Elle ne dit pas jusqu'où. Elle ne dit pas ce qui se passe en cas d'erreur. Et elle est rangée dans un dossier, pas affichée au mur. Le jour où il faut trancher, personne ne va la chercher.
Ce que la permission ajoute
Un montant
« Gérer les commandes » devient « commander jusqu'à 300 € sans demander ». Le chiffre transforme une tâche en territoire. La personne sait où elle est chez elle. Comment choisir ce chiffre, c'est dans jusqu'à quel montant un salarié peut décider.
Une couverture
« Si tu te trompes, je couvre. » La fiche de poste ne contient jamais cette phrase. Elle est pourtant la seule qui compte au moment de décider.
Deux signatures et un mur
La fiche de poste est signée une fois, rangée pour toujours. La permission est signée à deux et affichée. Elle se regarde. Elle se montre. Elle se corrige le vendredi.
Le piège : croire que l'un remplace l'autre
Certains fondateurs, découvrant la permission, veulent réécrire toutes les fiches de poste en y ajoutant des montants. C'est trop. Et ça ne sera pas lu.
La permission ne remplace pas la fiche de poste. Elle vient à côté, une ligne à la fois. Pas 30 lignes d'un coup. Une. Celle qui vous fait perdre le plus de temps cette semaine. Puis une autre la semaine suivante. Le compteur de lignes qui passent par vous descend, disons de 23 à 22, puis 21. La feuille, telle qu'on l'écrit le 3e jour, est détaillée dans donner le droit de décider par écrit.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : pas de réécriture des fiches de poste, une permission par ligne, affichée devant l'équipe. Si votre entreprise a entre 5 et 30 personnes, vous pouvez candidater.
Ce que vous ne mettez jamais sur une permission
- Les prix.
- Les 3 plus gros clients.
- Embaucher et se séparer.
- Signer au-dessus d'un seuil.
- La trésorerie à 13 semaines.
- Le cap à 1 an.
- Le dernier recours.
Ces 7 lignes restent au fondateur. Les dire clairement, c'est aussi une permission : celle de ne pas s'en inquiéter.
Ce soir : une ligne de fiche de poste, un montant
Ouvrez une fiche de poste, n'importe laquelle. Trouvez une ligne qui dit « gérer », « suivre », « assurer ». Demandez-vous : jusqu'à quel montant cette personne peut-elle décider seule sur cette ligne, sans que ce soit grave si elle se trompe ? Écrivez ce montant. Ajoutez « si tu te trompes, je couvre ». Demain, signez à deux. Vous venez d'écrire votre première permission. La fiche de poste disait quoi faire. La feuille dit jusqu'où.
