Pourquoi le gratuit attire les mauvais dossiers (et comment la série trie)
0 €, 5 places. Dit comme ça, c'est généreux. Dans les faits, c'est un piège qu'on a choisi en connaissance de cause. Le gratuit attire des entreprises qui veulent une caméra, pas un changement. Il attire aussi des gens qui n'ont rien à perdre, donc rien à lâcher. Cet article explique pourquoi la saison 1 est quand même gratuite, et ce qu'on fait pour que les bons dossiers passent.
Le problème du 0 €
Quand une chose ne coûte rien, on ne la pèse pas. On candidate « pour voir ». On annule le mardi. On signe la feuille du jour 3 avec moins de sérieux qu'un contrat de maintenance à 200 €. Et surtout, le gratuit attire ceux qui cherchent de la visibilité : « ça fera de la pub ». Ce n'est pas une mauvaise raison, mais ce n'est pas celle de la série.
Le gratuit attire aussi un autre profil : la personne qui n'a plus rien, qui attend un miracle, et qui espère qu'une caméra remplacera un avocat ou un mandataire. Ce n'est pas le rôle de la série, et c'est un professionnel qui doit lui dire ce qui s'applique à son cas.
Pourquoi la saison 1 est gratuite malgré tout
- Parce qu'une entreprise qui paie la paie du 28 avec l'argent du 15 n'a pas d'argent pour ça. Faire payer, c'est exclure exactement ceux pour qui la série existe.
- Parce qu'il faut une saison pour prouver que les 5 jours et les 90 jours servent à quelque chose. Avant la preuve, demander de l'argent serait vendre une promesse. La série ne promet rien.
- Parce que les 5 jours sont financés par des partenaires qui ne choisissent rien et ne coupent rien. L'entreprise ne doit rien à personne.
Et parce que c'est temporaire : la saison 2 ne sera pas gratuite.
Comment la série trie sans faire payer
Les 3 signes, pas la motivation
On ne demande pas « pourquoi voulez-vous participer ». On demande si vous reconnaissez un des 3 signes : la paie du 28 payée avec l'argent du 15, plus de 20 000 € dehors depuis plus de 2 mois, et « si je suis malade une semaine, personne ne sait qui fait les devis ». Ces signes ne se simulent pas bien. Celui qui veut de la pub n'a pas envie de les cocher.
L'équipe doit être d'accord
Le jour 1 se fait sans le fondateur. Si l'équipe n'a pas été prévenue, ou refuse, le dossier s'arrête. Un fondateur qui candidate sans en parler à ses 9 salariés dit déjà tout sur son compteur.
Le prix se paie en autre chose
Pas en euros. En engagement écrit : 5 jours complets, pas 4 et un rendez-vous client. 90 jours de vendredis, 20 minutes, sans en sauter. Le test de 48 heures à J30 et celui de 7 jours à J60. Et le compteur publié à J90, même mauvais. Ce prix-là est bien plus cher qu'un chèque, et il écarte plus de monde.
Les signaux qui nous font dire non
Un dossier qui parle de « notoriété » dans les trois premières phrases. Un fondateur qui demande à choisir les scènes avant le tournage. Une entreprise qui veut être filmée mais pas suivie 90 jours. Une situation où la première urgence est juridique, et où une caméra ferait du mal. Dans ces cas, on écrit non, poliment, sous 7 jours, et on explique.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, avec des entreprises qui ont payé en sérieux et pas en argent. Si vous cochez un des 3 signes et que vous acceptez le prix réel, vous pouvez candidater.
Et quand on se trompe malgré tout, quand un dossier accepté s'avère être là pour la caméra, la règle est la même que pour l'échec : on le montre. Un fondateur qui ne signe pas la feuille du jour 3 est une scène, pas une coupe.
Ce soir, le vrai prix
Avant de candidater où que ce soit, posez-vous une question : « qu'est-ce que je suis prêt à lâcher dès lundi, sans caméra ? » Écrivez une ligne. Une seule tâche, un prénom, un montant maximum. Si vous ne trouvez rien, aucune série, gratuite ou payante, ne pourra rien pour vous. Si vous trouvez, vous venez de payer le prix d'entrée.
