Devis non signé : comment relancer sans avoir l'air d'insister
Vous avez passé 2 heures sur ce devis. Vous l'avez envoyé un mardi. Depuis, rien. Vous n'osez pas relancer, de peur de passer pour quelqu'un qui a besoin du contrat. Alors le devis non signé rejoint les autres, dans un dossier que personne ne rouvre. Cet article vous dit quand relancer, quoi écrire, et comment faire pour que ce ne soit plus vous qui y pensiez.
Un devis non relancé est un devis refusé
Le client n'a pas dit non. Il a juste eu autre chose à faire. Un devis qui n'est pas relancé dans les 7 jours entre dans la pile des « on verra », et la pile des « on verra » ne se vide jamais. Ce n'est pas de l'argent perdu : c'est de l'argent jamais réclamé, comme une facture impayée, mais en amont.
Disons 15 devis envoyés par mois dans une boîte de 8. Disons que la moitié ne reçoit jamais de relance. Ce n'est pas un chiffre de marché, c'est un exemple ; mais si vous regardez votre dossier « devis envoyés », vous verrez ce que ça donne chez vous.
Pourquoi vous ne relancez pas
- Vous avez peur d'avoir l'air d'en avoir besoin.
- Vous ne savez pas quoi écrire d'autre que « avez-vous eu le temps de regarder ? ».
- Vous n'avez pas de date. Le devis part, et personne ne note quand le relancer.
- C'est vous qui faites les devis, donc c'est vous qui devriez relancer, donc personne ne le fait.
Les deux premières raisons sont des questions de formulation. Les deux dernières sont des questions d'organisation. Les quatre se règlent la même semaine.
Quand et quoi écrire
J+3 : la question utile
« Bonjour, je voulais vérifier que le devis vous est bien arrivé et savoir s'il y a un point à préciser ou à ajuster. » Vous ne demandez pas une décision. Vous offrez un service. Le client qui hésitait sur un détail vous le dira ici.
J+10 : la question de calendrier
« Pour organiser notre planning, pouvez-vous me dire si ce projet est toujours d'actualité et à quelle échéance ? » Vous parlez de votre planning, pas de son hésitation. Vous lui donnez une raison de répondre qui n'est pas vous faire plaisir.
J+20 : la question de clôture
« Sans retour de votre part, je considère que le projet est reporté et je libère le créneau. Si ce n'est pas le cas, dites-le-moi d'un mot. » Rien d'agressif. Vous fermez une porte proprement, et vous verrez combien de clients la rouvrent.
Qui relance : la question qui compte
Si vous faites les devis, vous ne les relancerez pas. Pas par négligence : parce que vous aurez 12 autres choses le jour de J+3. La relance de devis doit être écrite comme une tâche avec un prénom, une date, et le droit de l'envoyer sans vous demander. C'est le même mécanisme que pour les factures, détaillé dans qui relance les factures dans une petite entreprise.
Et une machine peut préparer les brouillons des 3 messages, à J+3, J+10, J+20, pour chaque devis envoyé. La personne de l'équipe lit, ajuste, envoie. Jamais une machine avant une permission : d'abord le prénom sur la feuille, ensuite l'outil. C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : au J4, les brouillons de devis et leurs relances font partie des corvées confiées aux machines, une fois que quelqu'un dans l'équipe en a reçu le droit. Si vos devis attendent que vous ayez le temps, vous pouvez candidater.
Ce que le devis lui-même peut faire pour vous
Une partie de la relance se joue avant l'envoi. Une date de validité claire sur le devis (« valable jusqu'au… ») donne une raison naturelle de relancer. Un acompte à la commande transforme la signature en acte concret plutôt qu'en promesse. Et un devis envoyé le jour même de la visite, plutôt que 10 jours plus tard, arrive quand le client y pense encore.
Ce soir : ouvrez le dossier « devis envoyés »
Comptez les devis de plus de 10 jours sans réponse. Faites le total en euros. Puis écrivez le message de J+10, celui du planning, et envoyez-le à chacun. Ce soir, pas demain. Vous aurez quelques réponses avant midi. Et vous aurez compris que le problème n'était pas le client, mais l'absence de date.
