Laisser son équipe seule 48 heures : le test qui montre où ça casse
Vous n'avez jamais été absent 2 jours sans être joignable. Vous ne savez donc pas ce qui tient et ce qui casse. Vous l'imaginez, et ce que vous imaginez vous empêche de partir. Cet article décrit le test de 48 heures tel qu'il est fait vers le 30e jour de la série Remplaçables : comment le préparer, quoi dire avant, quoi regarder après, et surtout quoi faire des 2 ou 3 lignes qui auront cassé. Parce qu'il y en aura.
Pourquoi 48 heures, et pas une semaine
Une semaine, c'est trop long pour un premier test. Si ça casse le 2e jour, vous passez 5 jours à vous ronger ou à revenir. 48 heures, c'est assez long pour qu'un imprévu arrive, et assez court pour qu'une erreur reste rattrapable.
Et 48 heures, ce n'est pas un week-end. C'est 2 jours ouvrés, avec des clients, des fournisseurs, des devis. Un mardi et un mercredi, par exemple.
Ce qu'il faut avoir fait avant
Le test de 48 heures ne se fait pas à froid. Il vient après les 2 heures téléphone éteint, et après quelques feuilles. Si vous n'avez pas encore fait le test court, commencez par mon équipe ne fait rien quand je ne suis pas là.
- Des feuilles sur les lignes fréquentes. Remises, commandes, réponses clients, avec un prénom, un seuil, « si tu te trompes, je couvre », 2 signatures. Affichées.
- Un référent pour les cas qui dépassent. Pas un chef. Une personne vers qui on va quand le seuil est dépassé et que vous n'êtes pas là. Voir nommer un référent dans une petite équipe.
- Un seul cas d'appel. Vous définissez la seule situation où on vous appelle : disons un engagement au-dessus de 5 000 €, ou un des 3 plus gros clients qui menace de partir. Tout le reste attend votre retour. C'est écrit.
Ce que vous dites avant de partir
Debout, 5 minutes, la veille. « Demain et après-demain, je suis injoignable. Les feuilles sont au mur. Pour ce qui dépasse, c'est elle. Pour le seul cas écrit, vous m'appelez. Pour tout le reste, vous décidez, et si vous vous trompez, je couvre. On en parle vendredi. » Puis vous partez. Vous ne repassez pas « 5 minutes » le mercredi matin.
Ce qui va casser
Une ligne qu'on n'avait pas vue
Un fournisseur qui propose une substitution. Un client qui demande un délai que personne n'a le droit d'accorder. C'est le cas le plus fréquent et le plus utile : une feuille à écrire.
Un seuil trop bas
Trois décisions ont attendu votre retour parce qu'elles dépassaient de peu le montant écrit. Le seuil monte vendredi.
Le client qui ne veut que vous
Il a appelé, on lui a dit que vous reviendriez jeudi, il a attendu. Parfois c'est très bien. Parfois c'est une ligne où vous devez changer la règle vous-même : « c'est elle, maintenant ».
Vous
Vous avez rallumé le téléphone le mardi soir « juste pour voir ». Vous avez répondu à un message. Vous avez repris une ligne à distance. Ça compte. Vous le direz vendredi, à la question de la reprise.
Ce que vous faites de la casse
Le vendredi, 20 minutes, 5 questions. La casse se range dans la 3e, l'erreur de la semaine, et la 5e, la ligne suivante. Chaque ligne qui a cassé devient une feuille ou un seuil corrigé. Vous ne concluez pas « ils ne sont pas prêts ». Vous concluez « il manquait 3 feuilles ». Puis vous les écrivez. Et vers le 60e jour, le test passe à 7 jours. Ça casse presque toujours le 5e. Même méthode.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : les 48 heures vers J30, les 7 jours vers J60, ce qui casse et ce qu'on en fait. L'entreprise peut échouer et on le montre. Vous pouvez candidater si votre entreprise compte entre 5 et 30 personnes.
Ce soir : la date et le seul cas d'appel
Ouvrez votre agenda. Choisissez 2 jours ouvrés dans 3 semaines. Bloquez-les. Puis écrivez le seul cas où on vous appelle. Une phrase, un montant. Si vous en écrivez trois, vous n'êtes pas prêt : revenez aux feuilles. Si vous en écrivez un, vous l'êtes. Dites la date à l'équipe demain. Vous aurez 3 semaines pour écrire les feuilles qui manquent.
