La banque refuse le découvert de mon entreprise : les 7 jours qui suivent
La banque a appelé, ou a écrit. Le découvert est réduit, ou retiré, ou le prêt de trésorerie est refusé. Pour une entreprise de 5 à 30 personnes qui vivait avec, c'est le moment où la pente lente devient une falaise. Cet article décrit les 7 jours qui suivent, ce qu'il faut sortir avant de rappeler la banque, et les 3 erreurs qu'on fait presque toujours sous la pression. Il ne remplace pas un professionnel. Il vous dit par quoi commencer.
Pourquoi la banque refuse maintenant
Rarement par surprise. Une banque voit un compte qui ne repasse plus au-dessus de zéro depuis 6 mois, des rejets, des charges reportées, un bilan qui se dégrade. Elle a attendu. Un jour, le dossier passe en revue, et la réponse tombe. Le découvert permanent finit presque toujours là.
Ce qu'il faut comprendre : la banque ne vous juge pas. Elle juge un dossier sans tableau, sans explication, sans date. La différence entre un refus et un délai tient souvent à 13 colonnes.
Jour 1 et 2 : les chiffres, pas le téléphone
Ne rappelez pas la banque le jour même pour négocier à l'instinct. Sortez d'abord :
- Le tableau à 13 semaines : ce qui sort, ce qui entre de façon certaine, le solde cumulé, semaine par semaine. Au stylo si besoin.
- La balance âgée : qui vous doit quoi, depuis combien de temps. Disons 52 000 € à plus de 30 jours.
- La liste de vos dettes fournisseurs, avec les dates.
- Les factures dont vous avez une date de règlement confirmée dans les 4 semaines.
Puis, le soir même : relance de tout ce qui dépasse 30 jours. Rappel à J+5 et J+15. C'est la seule source d'argent qui ne dépend ni de la banque, ni d'un nouveau client.
Jour 3 : les professionnels
Votre expert-comptable, avec le tableau. Il peut avoir des pistes que vous ne voyez pas : des échéances négociables, des crédits de taxes, des dispositifs d'accompagnement. Et un avocat ou un mandataire si la date du tableau est à moins de 8 semaines : il existe des procédures de prévention qui se déclenchent avant la cessation des paiements, et qui perdent beaucoup de leur intérêt si on attend. C'est un professionnel qui vous dira ce qui s'applique à votre cas. Pas un article, pas la banque.
Jour 4 : rappeler la banque, avec un dossier
Ce qu'on apporte
Le tableau à 13 semaines. La liste des relances parties, avec les dates. Les factures certaines. Une proposition : disons un découvert maintenu 90 jours, en échange d'un point tous les 15 jours avec le tableau mis à jour.
Ce qu'on dit
La vérité, courte. « Voilà où nous en sommes, voilà ce qui est dehors, voilà ce qui est relancé, voilà la date où nous repassons au-dessus de zéro si 60 % des relances rentrent. » Pas de promesse de gros contrat à venir. Les banques en ont entendu beaucoup.
Ce qu'on accepte d'entendre
Un non. Dans ce cas, le tableau sert à autre chose : à savoir exactement combien de semaines il reste, et à décider avec les professionnels.
Les 3 erreurs sous pression
Reporter les charges sociales ou la TVA pour compenser. Les dettes envers l'État et les organismes sociaux suivent d'autres règles que les fournisseurs, et le report aggrave le dossier bancaire. Un professionnel, avant, pas après.
Signer n'importe quel devis pour « faire du cash ». Un gros chantier à perte, payé à 90 jours, creuse le trou en semaine 9.
Tout porter seul. La semaine où la banque refuse est la semaine où vous avez le moins de temps et le plus de décisions. Si le compteur, le nombre de choses qui passent par vous, est à 25, vous n'aurez pas le temps de faire le tableau. Donnez ce soir une ligne : « Relancer les factures de plus de 30 jours. Prénom. Si tu te trompes, je couvre. » Deux signatures. C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, chez des entreprises souvent à ce stade exact. Elles peuvent échouer. On le montre. Vous pouvez candidater.
Ce soir, 13 colonnes et un mail
Pas la banque. Pas ce soir. Une feuille en travers, 13 colonnes, 3 lignes. Trouvez la date. Puis le mail de relance à tout ce qui dépasse 30 jours, facture jointe, ton calme.
Demain, vous aurez un tableau et des relances parties. C'est ce que la banque n'a jamais vu de vous. Ce n'est pas une garantie qu'elle change d'avis. C'est la seule chose qui ait une chance de le faire. Et si elle ne le fait pas, c'est avec ce tableau que vous saurez s'il faut continuer ou arrêter.
