Continuer ou arrêter mon entreprise ? Comment décider sans se mentir
Continuer ou arrêter. Vous vous posez la question depuis des mois, surtout la nuit. Le jour, l'activité la recouvre. Il n'y a pas de bonne réponse universelle : certaines entreprises de 5 à 30 personnes doivent s'arrêter, et le plus tôt est le mieux pour tout le monde. D'autres sont en train de mourir d'un problème d'organisation qui se règle en 90 jours. Cet article donne une méthode pour trancher avec 4 chiffres et 3 personnes, pas avec la fatigue d'un dimanche soir.
Les deux mauvaises façons de décider
La première : décider d'arrêter un dimanche soir, seul, après une semaine de 70 heures. C'est une décision de fatigue. Elle est parfois juste, mais pour de mauvaises raisons, et on la regrette.
La seconde : ne jamais décider. Continuer parce qu'on a toujours continué, en se payant de moins en moins, en reportant les charges, jusqu'à ce que quelqu'un d'autre décide à votre place. C'est la plus fréquente, et la plus coûteuse pour les salariés.
Entre les deux, il y a une méthode. Elle n'est pas agréable. Elle est courte.
4 chiffres
1. Le résultat réel
Le résultat de l'année, moins le salaire que vous ne vous êtes pas versé, moins les heures de proches non payées. Si vous ne vous payez plus, ce chiffre est très différent du bilan.
2. Ce qui est dehors
Les factures de plus de 60 jours. Disons 44 000 €. Si ce chiffre est grand, une partie de votre problème est un problème de relance, pas d'activité. Il se règle en 3 semaines, et il change la décision.
3. La date
Le tableau à 13 semaines : la semaine où le solde passe sous le découvert autorisé, sans rien changer. Comment le construire en une soirée. Cette date dit combien de temps vous avez pour décider. Pas plus.
4. Le compteur
Le nombre de choses qui passent par vous chaque semaine. Disons 26. Si c'est ce chiffre qui vous épuise, ce n'est peut-être pas l'entreprise qu'il faut arrêter. C'est le compteur qu'il faut faire descendre, et ça se teste en 5 jours.
3 personnes
- Votre expert-comptable, avec les 4 chiffres. Pas pour qu'il décide. Pour qu'il vérifie le 1er et vous dise ce qu'il voit.
- Un avocat ou un mandataire, avant de décider, pas après. Il existe des procédures de prévention, de sauvegarde, des dispositifs d'accompagnement. Y aller tôt ouvre des options qui se ferment tard. C'est un professionnel qui vous dira ce qui s'applique à votre cas.
- La personne la plus fiable de l'équipe. Pas pour lui demander de décider. Pour lui poser une question : « qu'est-ce que tu vois que je ne vois plus ? »
Lire le résultat
Résultat réel négatif depuis 2 ans, rien dehors, date proche, compteur bas : l'activité ne tient pas. Arrêter tôt, accompagné, protège les salariés et vous. Ce n'est pas un échec moral. C'est une décision.
Résultat réel proche de zéro, beaucoup dehors, compteur élevé : l'entreprise n'est pas morte. Elle attend. Relances ce soir, J+5, J+15. Puis la feuille A4, une ligne à la fois. Donnez-vous 90 jours, avec un compteur publié, et redécidez à J90 avec les mêmes 4 chiffres.
Entre les deux : c'est le cas le plus courant, et c'est celui où le test de 5 jours a le plus de valeur. La liste, l'argent, la feuille, les machines, le téléphone éteint 2 heures. Au bout de 5 jours, vous saurez si l'équipe peut porter, ou pas. C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, et l'entreprise peut échouer : on le montre aussi. Vous pouvez candidater.
Décider à une date, pas un soir
La méthode a une dernière règle : on décide à une date fixée à l'avance, avec les 4 chiffres à jour, les 3 personnes consultées. Pas un dimanche à 23 h. Choisissez la date maintenant. Disons dans 30 jours. Écrivez-la. D'ici là, les gestes : relancer, donner le droit, faire le tableau chaque vendredi. À la date, vous relisez les 4 chiffres et vous tranchez.
Ce soir, la date et un chiffre
Deux choses sur une feuille. La date à laquelle vous déciderez, dans 30 jours au plus. Et le premier des 4 chiffres que vous pouvez sortir ce soir : ce qui est dehors à plus de 60 jours.
Puis le mail de relance part, à tout ce qui dépasse 30 jours. Quelle que soit la décision dans 30 jours, cet argent est à vous. Et il vaut mieux décider avec, que sans.
