Garage qui ne tourne plus : les 5 jours pour remettre l'atelier debout
L'atelier est plein, les clés s'empilent sur le comptoir, et le compte ne monte pas. Vous êtes sous la voiture le matin, au téléphone avec le fournisseur de pièces à midi, devant l'ordinateur à chiffrer un devis le soir. « Garage qui ne tourne plus » : ce n'est pas un problème de mécanique. C'est un problème de lignes qui passent toutes par vous. Voici comment les compter et les lâcher, une par une.
Un atelier plein qui perd de l'argent
Un garage peut être débordé et en difficulté en même temps. Les voitures attendent parce que les pièces n'ont pas été commandées, parce que le devis n'a pas été validé, parce que le client n'a pas rappelé. Les pièces, elles, sont payées au fournisseur. La main-d'œuvre est payée le 28. Et le client paie quand il vient chercher la voiture, parfois en plusieurs fois, parfois jamais quand il s'agit d'une entreprise ou d'un loueur.
Le point commun de tous ces blocages : vous. Vous chiffrez les devis parce que vous seul savez ce que ça coûte. Vous commandez parce que vous seul connaissez les fournisseurs. Vous appelez le client parce que vous seul osez parler d'argent. Et pendant ce temps, personne n'est sous la voiture.
Compter avant de réparer
Le compteur
Réunissez les mécaniciens un matin avant l'ouverture. Sortez. Une question au tableau : « Qu'est-ce qui attend que le patron valide ? » Disons 23 lignes : chaque devis, chaque commande de pièces, chaque remise, chaque prêt de véhicule, chaque réponse à un client mécontent. Ce chiffre est le seul que la méthode suit pendant 90 jours.
L'argent dehors
Les factures des entreprises, des loueurs, des flottes, des assureurs. Classées du plus vieux au plus récent. Si plus de 20 000 € ont plus de 2 mois, votre atelier ne manque pas de travail. Il manque d'encaissement. La carrosserie qui attend les paiements des assureurs vit la même chose, en pire.
La paie du 28
Avec quoi la payez-vous ? Si la réponse est « avec les voitures qui sortent la dernière semaine », vous êtes dans le premier des 3 signes que la série Remplaçables regarde.
Les 5 jours
- J1, la liste. L'équipe écrit, sans vous. Vous comptez les lignes.
- J2, l'argent. Le soir même, un message par facture de plus de 30 jours. Relance à J+5, puis J+15.
- J3, la feuille. 1 page A4 : la tâche, le prénom, le montant maximum. Le devis d'entretien courant : un prénom, jusqu'à disons 600 €. La commande de pièces : un prénom, un plafond. La remise : un prénom, un montant par semaine. « Si tu te trompes, je couvre. » 2 signatures. Affichée dans l'atelier.
- J4, les machines. Une qui prépare le brouillon de devis à partir de la fiche du véhicule, une qui relance la nuit, une qui trie les mails, une qui tient la trésorerie à 13 semaines. Jamais avant la permission.
- J5, le téléphone éteint. 2 heures, devant l'équipe, un vendredi après-midi. Ce qui casse est la prochaine ligne de la feuille.
Ce que le chef d'atelier attend depuis longtemps
Dans la plupart des garages, il y a quelqu'un qui pourrait chiffrer les devis courants depuis des années. Il ne le fait pas parce qu'il n'en a pas le droit, et parce qu'une fois, il s'est trompé et ça s'est mal passé. La phrase « si tu te trompes, je couvre » n'est pas une formule. C'est ce qui rend le droit réel. Sans elle, la feuille est un papier.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, dans des entreprises de 5 à 30 personnes. Elle garde la porte qui claque, et l'entreprise peut échouer. Vous pouvez candidater, ou un mécanicien peut le faire pour votre garage, anonymement.
Si le fournisseur de pièces bloque le compte
Quand le fournisseur passe au paiement à la commande, quand les cotisations prennent du retard, quand le crédit du pont élévateur pèse : il existe des procédures qui permettent de négocier ou de se protéger pendant qu'on se réorganise. C'est un professionnel (expert-comptable, avocat, mandataire) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas. Posez-lui la question pendant que l'atelier est encore plein. Un transporteur qui court après ses impayés fait souvent partie de vos clients : relancez-le aussi.
Ce soir, une clé de moins
Prenez le devis le plus simple qui attend sur votre bureau. Donnez-le au mécanicien qui pourrait le chiffrer. Dites la phrase. Écrivez son prénom et un montant maximum sur une feuille. Vous venez de passer de 23 à 22. C'est le seul chiffre qui compte.
