Se faire accompagner gratuitement quand l'entreprise est en difficulté
Vous n'avez plus d'argent pour payer un conseil et c'est précisément maintenant que vous en auriez besoin. Vous tapez « se faire accompagner entreprise en difficulté gratuitement » en espérant qu'il existe quelque chose. Il existe des interlocuteurs, génériques, qui offrent une première écoute sans frais. Cet article les décrit par leur rôle, sans nommer d'organisme, explique ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire, et comment arriver préparé.
Ce qui existe, par type d'interlocuteur
Sans citer de structure précise, voici les grands types de portes auxquelles un fondateur peut frapper sans frais, ou pour une première rencontre sans frais.
Le tribunal de commerce
Beaucoup de tribunaux proposent des dispositifs de prévention : un entretien confidentiel avec un juge, pour faire le point sur la situation et s'orienter. Ce n'est pas une procédure, ce n'est pas un jugement, c'est une conversation. Beaucoup de fondateurs l'ignorent parce qu'ils associent le tribunal à la fin.
Les chambres consulaires
Les chambres de commerce et les chambres de métiers disposent souvent d'un service d'accueil des entreprises en difficulté : une première écoute, une orientation vers les bons professionnels, parfois un accompagnement dans la constitution d'un dossier.
Les professionnels, pour un premier rendez-vous
Certains avocats, experts-comptables et mandataires acceptent un premier échange court sans frais, notamment dans le cadre de permanences. Demandez. Vous serez surpris du nombre de « oui ».
Quel que soit l'interlocuteur, c'est un professionnel (avocat, expert-comptable, mandataire) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas. Une première écoute oriente, elle ne remplace pas un conseil.
Un mot sur la peur : beaucoup de fondateurs n'appellent pas parce qu'ils craignent d'être fichés, jugés, ou de déclencher quelque chose. Un entretien de prévention ou un accueil en chambre consulaire n'ouvre aucune procédure. C'est une conversation. Vous en sortez avec des noms, des options, et une idée plus nette de l'urgence réelle.
Ce que ces interlocuteurs font et ne font pas
- Ils écoutent et aident à nommer la situation : difficulté passagère, difficulté sérieuse, cessation de paiements possible.
- Ils orientent : vers une procédure amiable comme le mandat ad hoc, vers un avocat, vers un dispositif adapté.
- Ils ne décident pas pour vous.
- Ils ne font pas rentrer l'argent, ne négocient pas avec votre banque, ne paient pas vos cotisations.
Arriver préparé : ce qui fait la différence
Une première écoute dure souvent moins d'une heure. Ce que vous apportez décide de ce que vous en tirez.
- Une trésorerie à 13 semaines, même grossière.
- La liste des dettes exigibles, par créancier, avec les montants.
- La balance âgée clients : qui vous doit quoi, depuis quand.
- Une phrase sur la cause, et une sur ce que vous avez déjà tenté.
- Vos questions, écrites. Sous le stress, on les oublie.
Si vous ne savez pas par quoi commencer, lisez par où commencer quand l'entreprise va mal : il y a un ordre.
Et acceptez d'entendre quelque chose que vous n'avez pas envie d'entendre. Si l'interlocuteur vous dit de voir un avocat cette semaine, ce n'est pas une formule. C'est l'information la plus utile de l'entretien.
Ce que l'accompagnement ne remplacera jamais
Un conseil, gratuit ou payant, vous dira ce qui s'applique. Il ne changera pas la façon dont l'entreprise fonctionne de l'intérieur. Si tout passe encore par vous, si les relances attendent vos soirées, si la paie du 28 est payée avec l'argent du 15, le meilleur accompagnement du monde traite les symptômes.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : une équipe à qui le fondateur donne le droit d'agir, une feuille A4 affichée, un compteur de lignes qui passent encore par lui. La saison 1 coûte 0 € à l'entreprise : des partenaires financent les 5 jours et ne choisissent rien, ne coupent rien. L'entreprise peut échouer et on le montre. Vous pouvez candidater.
Ce soir : un appel à passer demain
Cherchez le numéro de la chambre consulaire de votre département ou du greffe de votre tribunal de commerce. Notez-le. Préparez une phrase : « Mon entreprise est en difficulté, est-ce qu'il existe un dispositif pour en parler ? » Demain à 9 heures, vous appelez. Ce soir, vous commencez le tableau à 13 semaines, pour ne pas y aller les mains vides.
