Demander un acompte à ses clients : la phrase qui change votre trésorerie
Vous achetez les matériaux, vous payez l'équipe, vous livrez. Et vous êtes payé 45 jours plus tard, quand tout va bien. Pendant ce temps, c'est vous qui financez le chantier du client. Vous savez qu'il faudrait demander un acompte. Vous ne le faites pas, de peur que le client aille ailleurs. Cet article explique comment demander un acompte à ses clients : combien, quand, avec quels mots, et comment en faire une règle que l'équipe applique sans vous.
Qui finance le chantier ?
Répondez honnêtement. Disons un chantier de 12 000 €. Vous commandez pour 4 000 € de fournitures, vous payez 3 semaines de salaires, et vous facturez à la fin. Le client paie à 30 jours, disons 45 en pratique. Pendant 2 mois, vous avez avancé l'argent. Pour lui. Sans intérêt. Si vous avez 4 chantiers comme ça en même temps, vous avez prêté plus que ce que vous avez en banque. C'est ainsi que la paie du 28 finit par se payer avec l'argent du 15.
L'acompte ne change pas le prix. Il change qui prête à qui.
Pourquoi vous ne le demandez pas
- Vous pensez que ça fait « petit ». C'est l'inverse : les entreprises qui tiennent demandent toutes un acompte.
- Vous craignez le refus. Il est rare. Un client sérieux s'y attend.
- Vous ne savez pas combien. Alors vous ne demandez rien.
- Personne ne le demande à votre place. La personne qui envoie le devis n'a pas le droit d'en parler. Donc elle n'en parle pas.
Combien, quand, comment
Combien
Assez pour couvrir les fournitures que vous commandez avant de commencer. Disons 30 %. Sur un chantier long, un deuxième versement à mi-parcours. Le solde à la livraison. Les règles précises sur les acomptes et les arrhes varient selon le type de client et le contrat : c'est un professionnel (expert-comptable, avocat) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas.
Quand
Il est écrit sur le devis, en bas, avant la signature. Pas annoncé après. Le client qui signe accepte l'acompte avec le prix. Et le chantier ne démarre pas tant qu'il n'est pas reçu. Commencer un chantier sans devis signé ni acompte, c'est accepter de travailler à crédit sur une poignée de main.
Comment
Une phrase, sans excuse : « Le chantier démarre à réception de l'acompte de 30 %. » Pas « si ça ne vous dérange pas ». Pas « c'est la règle, je n'y peux rien ». Juste le fait. Le client qui proteste est souvent celui qui aurait payé tard. Vous venez d'apprendre quelque chose d'utile, pour pas cher.
En faire une règle, pas une négociation
Tant que l'acompte dépend de votre humeur et de votre courage le jour de la signature, il ne sera demandé qu'une fois sur deux. La solution est d'écrire la règle et de la donner à l'équipe. Sur la feuille A4 : « Tout devis part avec acompte de 30 %. Personne ne démarre sans. Exception au-dessus de ce montant : le fondateur. » Celui qui envoie le devis n'a plus à décider : il applique. Et quand le client discute, il répond « c'est comme ça chez nous », et c'est vrai.
C'est aussi la première règle qui protège face à un client mauvais payeur : il aura du mal à vous devoir 12 000 € s'il en a déjà versé 3 600. Une machine peut ensuite vérifier chaque matin que les acomptes attendus sont rentrés et préparer la relance du soir. Jamais une machine avant la permission : d'abord la règle, ensuite l'outil.
Le J2 de la série
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : le J2, celui de l'argent, où l'on sort la balance âgée, où l'on découvre les chantiers démarrés sans acompte, et où les relances partent le soir même. Puis chaque vendredi, 20 minutes, la première question : la paie du 28 est-elle couverte ? Vous pouvez candidater.
Ce soir, une ligne en bas du devis
Ouvrez votre modèle de devis. Ajoutez, juste au-dessus de la signature : « Démarrage à réception d'un acompte de 30 %. » Enregistrez. Demain, tous les devis partent avec. Vous n'aurez plus jamais à décider si vous osez.
