16.09.2026 · 5 min de lecture · Simon Chauvin

Mon comptable me dit de déposer le bilan : qu'est-ce que je fais ?

La phrase est tombée au téléphone ou au bout d'un rendez-vous : « Il faut déposer le bilan. » Vous avez entendu, vous n'avez pas écouté la suite. Depuis, vous tournez en rond. Cet article ne vous dit pas s'il a raison : il n'y a que des professionnels, lui et un avocat, pour le dire. Il vous dit comment réagir dans les 48 heures qui suivent, quelles questions poser et ce que vous pouvez faire pour l'entreprise pendant que vous réfléchissez.

Mon comptable me dit de déposer le bilan : qu'est-ce que je fais ?

Ce que votre comptable a vu

Un expert-comptable ne dit pas ça pour faire peur. Il le dit parce que dans vos chiffres, quelque chose dépasse ce qu'une négociation avec la banque ou un fournisseur peut régler. Souvent : des dettes exigibles bien supérieures à ce que l'entreprise peut mobiliser, depuis plusieurs mois, sans perspective de retournement rapide.

Ce qu'il appelle « déposer le bilan », c'est en langage courant déclarer la situation au tribunal pour qu'une procédure soit ouverte. Nous expliquons ce que veut dire déposer le bilan dans un article à part. C'est un professionnel (avocat, expert-comptable, mandataire) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas, y compris sur les délais, que nous ne détaillons pas ici volontairement.

Les 48 heures qui suivent : ni panique, ni déni

Deux réactions font perdre du temps. La première : « il exagère, je vais trouver une solution », et on attend 3 mois. La seconde : tout arrêter, ne plus répondre à personne, ne plus facturer. Entre les deux, il y a une attitude de travail.

Rappeler le comptable avec des questions

  • Qu'est-ce que vous avez vu exactement dans les chiffres ?
  • Est-ce qu'il y a une alternative, et à quelles conditions ?
  • Est-ce qu'on parle de sauvegarde, de redressement, d'autre chose ?
  • Quels documents faut-il préparer, et qui doit-on consulter ensuite ?

Prendre rendez-vous avec un avocat

Pas pour contredire le comptable. Pour avoir un deuxième regard, celui de la personne qui connaît la loi et ses conséquences pour vous personnellement. Un rendez-vous d'une heure, cette semaine, avec les chiffres.

Continuer à faire tourner la boîte

Facturer, livrer, encaisser. Une entreprise qui s'arrête de vendre parce que son fondateur est sous le choc perd des options qu'elle aurait pu garder.

Ce qu'il ne faut pas faire sans avis

Quand la phrase tombe, le réflexe est d'agir vite. Certains gestes peuvent avoir des conséquences dans une procédure ultérieure. En termes généraux, évitez sans l'avis d'un avocat :

  • Payer un créancier en priorité parce qu'il crie plus fort ou qu'il est un ami.
  • Vendre du matériel ou un actif pour « tenir encore un mois ».
  • Signer une nouvelle caution personnelle pour obtenir un crédit de dernière minute.
  • Promettre à l'équipe que tout va s'arranger.

Et l'équipe ?

Vous n'avez pas encore de réponse à leur donner. Vous pouvez quand même leur parler : « Nous traversons une période difficile. Je travaille avec notre comptable et un avocat. Je vous dirai où on en est chaque vendredi. » Pas plus, pas moins. Le silence inquiète davantage qu'une vérité datée.

Et donnez-leur le droit d'agir. Si tout passe encore par vous, les semaines à venir, prises par les rendez-vous et les documents, vont arrêter l'entreprise. Une feuille A4 : tâche, prénom, montant max, « si tu te trompes, je couvre ». C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, dans des entreprises parfois au bord de la faillite. L'entreprise peut échouer et on le montre. Vous pouvez candidater.

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Ce qui a amené là, pour ne pas y revenir

Quelle que soit l'issue, il y a une question que personne ne vous posera au tribunal et que vous devez vous poser : pourquoi personne n'a vu venir, ou pourquoi personne n'a rien dit ? Dans beaucoup de boîtes de 5 à 30 personnes, la réponse est la même : tout passait par le fondateur, y compris les mauvaises nouvelles. Lisez ce que l'expert-comptable peut faire quand ça se tend, pour la prochaine fois ou pour maintenant.

Ce soir : deux rendez-vous dans l'agenda

Le premier avec votre comptable, demain, avec la liste de questions ci-dessus. Le second avec un avocat, cette semaine. Notez-les. Puis dormez. Ce soir, vous ne pouvez rien décider de bon. Demain, vous aurez commencé à savoir.

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Simon Chauvin
Simon ChauvinCréateur de la série Remplaçables. Il a été le goulot de sa propre entreprise, a construit la méthode NOHELM sur lui d'abord, et entre aujourd'hui 5 jours dans des entreprises qui n'ont plus le temps. Qui tient la caméra →

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