Plan de continuation : comprendre ce qui attend l'entreprise après
On vous parle d'un « plan de continuation ». Vous comprenez qu'il y a l'idée de continuer, et c'est déjà une bonne nouvelle. Mais à quoi vous engagez-vous, pour combien de temps, et qu'est-ce qui change dans la vie de l'entreprise ? Cet article donne une définition générale, explique l'esprit du plan et ce que le fondateur peut faire pour que l'entreprise le tienne. Le contenu précis de votre plan, c'est votre avocat et le mandataire qui vous le diront.
Le plan de continuation, dans les grandes lignes
À l'issue d'une période d'observation, en sauvegarde ou en redressement judiciaire, le tribunal peut arrêter un plan qui organise la poursuite de l'activité et le règlement des dettes dans le temps. C'est ce qu'on appelle couramment un plan de continuation. Il fixe, en général, comment et sur quelle durée les créanciers seront payés, et parfois des engagements de l'entreprise sur son fonctionnement.
Sa durée peut s'étendre sur plusieurs années. Pendant ce temps, un commissaire à l'exécution du plan veille à ce qu'il soit respecté. C'est un professionnel (avocat, expert-comptable, mandataire) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas, et ce que votre plan contient précisément.
Ce que ça veut dire pour le fondateur
Vous dirigez à nouveau sans administrateur, en général. Mais vous dirigez avec une promesse publique : payer les échéances du plan. Chaque année, une somme doit sortir pour les créanciers. Cette somme n'est pas une option, c'est la condition pour que l'entreprise reste en vie.
Si le plan n'est pas respecté, il peut être résolu, et la situation peut évoluer vers une liquidation. Ce n'est pas une menace, c'est l'architecture du dispositif. D'où une règle simple : ne proposez pas un plan que votre trésorerie à 13 semaines, projetée sur plusieurs années, ne peut pas tenir.
Préparer le plan : trois questions honnêtes
D'où viendra l'argent des échéances ?
Pas d'un espoir. D'une marge, de ventes, de coûts qui baissent. Si la réponse est « ça devrait aller », le plan est fragile. Si la réponse est « voilà la marge mensuelle, voilà ce qu'on y prélève », il tient debout.
Qu'est-ce qui a changé par rapport à avant ?
Un plan qui remet l'entreprise exactement dans l'organisation qui l'a menée au tribunal est un plan en sursis. Qu'est-ce qui est différent dans la façon dont on relance, on chiffre, on décide ?
Et si vous tombez malade ?
Un plan sur plusieurs années repose sur une entreprise qui fonctionne, pas sur un fondateur qui tient. Si vous êtes absent une semaine et que personne ne sait qui fait les devis, le plan tient sur un fil.
Tenir le plan : la discipline du vendredi
Un plan se tient semaine après semaine, pas une fois par an au moment de l'échéance. Voici une discipline simple, que vous pouvez mettre en place dès maintenant.
- Chaque vendredi, 20 minutes, avec l'équipe.
- 5 questions : la paie du 28, le compteur des lignes qui passent par le fondateur, l'erreur de la semaine, la reprise, la ligne suivante à confier.
- Une trésorerie à 13 semaines mise à jour, avec l'échéance du plan dedans.
- Une balance âgée clients regardée à chaque fois, parce que l'argent dehors est l'argent du plan.
Si vous sortez d'un redressement, relisez ce que la procédure a changé pour l'équipe : les personnes qui sont restées ont tenu avec vous. Elles méritent de savoir où en est le plan, chaque semaine.
Le plan et le compteur
Il y a un chiffre que le tribunal ne regarde pas et qui décide pourtant du plan : le nombre de lignes qui passent encore par le fondateur. Disons 23 au départ. Devis, relances, commandes, validations, réponses aux clients. Tant que ce chiffre est élevé, l'entreprise est fragile, quel que soit le plan.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : un compteur qui descend, disons de 23 à 7, pendant que le fondateur garde les 7 lignes qui comptent, dont la trésorerie à 13 semaines et le cap à 1 an. L'entreprise peut échouer et on le montre. Si vous sortez d'une procédure et que tout repasse déjà par vous, vous pouvez candidater. Et si vous envisagez plutôt une reprise, lisez comment se passe l'arrivée d'un repreneur.
Ce soir : la ligne « échéance du plan » dans le tableau
Ouvrez votre trésorerie à 13 semaines, ou créez-la. Ajoutez une ligne : l'échéance du plan, telle que vous la comprenez aujourd'hui, à la date où elle tombera. Regardez ce que ça fait au solde. Si ça casse, vous le savez maintenant, pas le jour de l'échéance. Demain, ce tableau va chez votre expert-comptable.
