Société de services informatiques de 8 : tout passe encore par le fondateur
Vous avez 8 personnes, des clients qui vous appellent la nuit quand un serveur tombe, des devis que vous seul chiffrez, des contrats de maintenance facturés à l'année et payés quand le client y pense. Vous êtes technicien, commercial, chef de projet et comptable. « Société de services informatiques dépend du fondateur » : voici comment compter ce qui passe par vous, le confier sans perdre un client, et mesurer le résultat en 1 chiffre.
Le fondateur qui sait tout faire
Une société de services informatiques de 8 personnes est presque toujours née d'un technicien. Il a trouvé les premiers clients, installé les premiers serveurs, écrit les premiers contrats. Il a recruté des gens qui savent faire, mais il est resté le seul à chiffrer un devis, parce qu'il « sent » la complexité ; le seul à répondre au client mécontent ; le seul qu'on appelle à 23 heures ; le seul à relancer les contrats impayés, quand il y pense.
L'entreprise a donc un plafond : ses semaines à lui. Et une fragilité : s'il est malade une semaine, personne ne sait faire un devis, et personne n'ose parler d'argent à un client.
Les 3 signes, version services
- La paie du 28 est payée avec les règlements du 15 : vous attendez le virement d'un client précis pour virer les salaires.
- Plus de 20 000 € dehors depuis plus de 2 mois : des contrats de maintenance facturés d'avance et jamais réglés, des projets livrés et contestés sur un détail.
- Malade une semaine : qui chiffre, qui répond à l'astreinte, qui envoie les factures ?
Deux sur trois, et vous êtes dans ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90, dans des entreprises de 5 à 30 personnes. Vous pouvez candidater, ou un technicien peut le faire pour l'entreprise, anonymement.
Les 5 jours
J1 : la liste, sans vous
L'équipe réunie un matin. Vous sortez. « Qu'est-ce qui attend que le patron valide ? » Disons 23 lignes : chaque devis, chaque commande de matériel, chaque intervention hors contrat, chaque réponse à un client, chaque geste commercial, chaque planning d'astreinte. Votre compteur.
J2 : l'argent
La balance âgée. Le soir même, un message par facture de plus de 30 jours : le numéro, le contrat, le montant, la date. Puis J+5. Puis J+15, un appel à la comptabilité du client, pas au contact technique. Et la trésorerie à 13 semaines, remplie le vendredi en 20 minutes.
J3 : la feuille d'1 page
Tâche, prénom, montant maximum. Le devis d'une intervention courante : le technicien senior, jusqu'à disons 5 000 €, avec une grille de temps écrite. La commande de matériel : un prénom, un plafond. L'astreinte : un planning tournant, un prénom par semaine, le droit de décider sans vous appeler. Le geste commercial : un prénom, un plafond par mois. « Si tu te trompes, je couvre. » 2 signatures. Affichée.
Les machines, dans une entreprise qui les installe
C'est l'ironie du métier : vous équipez vos clients de machines qui leur épargnent des corvées, et vous relancez vos factures à la main le dimanche. J4 : une machine qui relance la nuit, une qui trie les mails et sort les demandes de devis, une qui prépare le brouillon de devis à partir de la grille, une qui tient les 13 semaines. Jamais une machine avant une permission : tant que le technicien senior n'a pas le droit d'envoyer le devis, le brouillon ne sert à rien. J5 : le téléphone éteint 2 heures, un jour d'astreinte, devant l'équipe.
Le technicien senior sait chiffrer depuis des années. Il ne le fait pas parce qu'il n'en a pas le droit, et parce qu'une fois, un devis trop bas lui a été reproché devant tout le monde. La phrase « si tu te trompes, je couvre » est ce qui le fera chiffrer lundi. Un bureau d'études et un cabinet de conseil ont le même technicien senior qui attend.
Les 90 jours : l'astreinte de 23 heures
Chaque vendredi, 20 minutes, 5 questions : la paie du 28, le compteur, l'erreur de la semaine, la reprise, la ligne suivante. Vers J60, le test de 7 jours casse presque toujours le cinquième jour, sur un client qui exige de vous parler à 23 heures. La réponse : il entre dans vos 3 plus gros clients, que vous gardez. Les 7 lignes : les prix, les 3 plus gros clients, embaucher et se séparer, signer au-dessus d'un seuil, la trésorerie à 13 semaines, le cap à 1 an, le dernier recours. J90, le compteur publié, disons 23 → 7. Si des contrats contestés ou des cotisations en retard posent question, c'est un professionnel (avocat, expert-comptable, mandataire) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas.
Ce soir, une astreinte
Prenez le planning d'astreinte de la semaine prochaine. Retirez votre nom. Écrivez celui du technicien senior, avec le droit de décider sans vous appeler et la phrase. Le compteur passe à 22. Si le téléphone sonne quand même chez vous, vous saurez quelle ligne manquait.
