Accident du fondateur : qui prend le relais dans l'entreprise lundi ?
Un accident de voiture, une chute sur un chantier, une hospitalisation sans préavis. Personne ne le planifie. Mais dans une entreprise de 5 à 30 personnes qui repose sur une seule personne, c'est la question qui décide de tout : le lundi matin, qui prend le relais ? Qui a le droit, qui a les accès, qui sait ? Cet article aide à écrire le plan de relais après un accident du fondateur, en 1 page, pendant qu'on va bien.
Le lundi matin sans vous
Ce lundi-là, personne ne sait encore combien de temps vous serez absent. L'équipe arrive. Les chantiers du jour se font, parce qu'ils étaient planifiés. Puis le téléphone sonne : un client veut un prix. Un fournisseur veut une confirmation. Une facture devait partir. Et chacun se tourne vers le bureau vide.
Ce qui manque ce matin-là, ce n'est pas la compétence. L'équipe sait travailler. Ce qui manque, c'est le droit, l'accès, et l'information. Trois choses qui tiennent sur 1 page, à condition de l'avoir écrite avant.
Les 3 relais à nommer
Le relais du métier
Qui fait les devis, répond aux clients, décide des priorités du chantier ? Un prénom. Un montant max, disons 3 000 €. Écrit, signé par vous deux, avec la phrase « si tu te trompes, je couvre ». Si cette feuille n'existe pas, personne n'osera chiffrer, et les demandes s'empileront jusqu'à partir chez un concurrent.
Le relais de l'argent
Qui sait ce qu'il y a sur le compte, ce qui doit rentrer, ce qu'on paie le 28 ? Qui peut relancer les factures en retard ? Qui peut parler au banquier et à l'expert-comptable ? Un prénom, et les accès qui vont avec. Une boîte dont une seule personne regarde l'argent est aveugle dès le premier jour d'absence.
Le relais des 3 plus gros clients
Qui les appelle, mardi, pour dire ce qui se passe et qui s'occupe d'eux ? Un prénom qu'ils connaissent déjà, parce que vous l'avez présenté avant. Un client qui apprend votre accident par le silence cherche ailleurs.
Le plan de relais en 1 page
Il tient sur une feuille affichée, et une copie chez la personne du dernier recours.
- 3 prénoms, un par relais, avec leur montant max et leur périmètre.
- Les accès : où sont les mots de passe, qui a les clés, qui peut parler à la banque. Pas les mots de passe eux-mêmes sur le mur, mais qui les détient.
- Le dernier recours : un prénom, dans l'équipe ou à côté, qui peut appeler l'expert-comptable, l'avocat, votre conjoint, si rien ne suffit.
- La règle du vendredi : les 3 relais se réunissent 20 minutes, 5 questions : la paie du 28, ce qui attend, l'erreur de la semaine, ce qui a repris, la ligne suivante.
Ce plan n'est pas un document juridique. Les pouvoirs bancaires, le mandat, la prévoyance, ce qui se passe pour la société si le gérant est empêché : c'est un professionnel (avocat, expert-comptable, assureur) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas. Le plan de relais, lui, est celui du lundi matin. Il faut les deux.
Le tester sans attendre l'accident
Un plan jamais testé est un plan qu'on découvre à l'hôpital. Le test, c'est l'absence volontaire : 2 heures téléphone éteint devant l'équipe. Puis 48 heures. Puis 7 jours, et ça casse presque toujours le 5e jour. Chaque casse montre un relais qui manque. C'est exactement ce que fait la série Remplaçables vers J30 et J60, après 5 jours sur place, et vous pouvez candidater si votre entreprise n'a pas encore de plan de relais. Le mode d'emploi du test est dans un article à part.
Ce que le plan change, même sans accident
Un fondateur qui a écrit ses 3 relais découvre quelque chose : il peut aussi partir en vacances. Il peut aussi tomber malade une semaine sans que les devis s'arrêtent. Et il peut, un jour, transmettre ou vendre, parce que la boîte a déjà prouvé qu'elle tenait sans lui. La maladie, l'accident, la retraite, la vente : c'est la même question, et la même feuille.
Ce soir : les 3 prénoms
Prenez une feuille. Écrivez 3 lignes : métier, argent, clients. À côté de chacune, un prénom. Si une ligne reste vide, vous savez ce qui casse lundi. Demain, vous signez la première feuille avec le premier prénom. C'est 10 minutes, et c'est ce qui manque le plus souvent.
