Conciliation pour une entreprise en difficulté : comment ça marche ?
On vous a parlé de « conciliation ». Vous imaginez un tribunal, des avocats, votre nom quelque part. En réalité, c'est une procédure amiable, discrète, pensée pour les entreprises qui ont encore une marge de manœuvre. Cet article vous donne une définition générale, le rôle de chacun, et ce que vous pouvez préparer avant de rencontrer un professionnel. Il ne dit pas si c'est la bonne solution pour vous : seul un avocat ou un expert-comptable peut le faire.
La conciliation, en une phrase
La conciliation est une procédure amiable et confidentielle. Un conciliateur, désigné par le tribunal, aide l'entreprise à trouver un accord avec ses principaux créanciers : banques, fournisseurs, parfois organismes publics. L'objectif est de s'entendre sur des délais, des remises ou une réorganisation des dettes, sans que l'entreprise soit placée sous une procédure plus lourde.
C'est une notion générale. Les conditions d'accès, la durée, les effets exacts dépendent de textes précis et de votre situation. C'est un professionnel (avocat, expert-comptable, mandataire) qui vous dira si la conciliation est ouverte à votre entreprise.
Ce que la conciliation n'est pas
Ce n'est pas un dépôt de bilan. Ce n'est pas une liquidation. Ce n'est pas non plus une baguette magique : si personne n'accepte de négocier, il n'y a pas d'accord. Et ce n'est pas une procédure publique, au contraire : la confidentialité est l'un de ses points forts. Vos clients ne sont pas informés, vos salariés non plus, sauf si vous décidez de leur en parler.
Si vous cherchez la différence avec une autre procédure amiable, lisez ce que recouvre le mandat ad hoc. Les deux se ressemblent, un professionnel vous aidera à choisir.
Qui fait quoi pendant une conciliation
Le fondateur
Vous restez aux commandes. Vous continuez à signer, à vendre, à payer. Personne ne prend votre place. En revanche, on attend de vous une chose : la transparence sur les chiffres. Un conciliateur qui découvre une dette cachée au milieu de la discussion perd la confiance des créanciers, et vous aussi.
Le conciliateur
Il organise les discussions, propose des pistes, fait circuler l'information. Il ne décide pas pour vous. Il ne décide pas non plus à la place des créanciers. Son rôle est de rendre l'accord possible.
Les créanciers
Ils acceptent ou refusent. Un fournisseur qui vous connaît depuis 10 ans n'a pas la même réaction qu'une banque qui lit un tableau. Vous pouvez préparer ces conversations, et cet article sur la négociation avec un fournisseur créancier vous donne la méthode.
Ce que vous pouvez préparer avant d'en parler à un professionnel
- La liste de vos créanciers, du plus gros au plus petit, avec le montant dû et la date d'échéance. Disons 9 lignes, 72 000 € au total.
- La liste de ce qu'on vous doit : vos clients en retard, avec la date de la dernière relance.
- Une trésorerie à 13 semaines, même grossière : ce qui rentre, ce qui sort, semaine par semaine.
- Une phrase honnête : « Voilà pourquoi on en est là. » Pas une excuse, une cause.
Avec ces 4 éléments, le premier rendez-vous avec l'expert-comptable ou l'avocat dure 1 heure au lieu de 3. Et il porte sur les solutions, pas sur la reconstitution du passé.
Pendant : l'entreprise doit tenir debout toute seule
Une conciliation prend du temps au fondateur. Rendez-vous, documents, appels. Si pendant ce temps-là les devis attendent votre signature et les relances attendent votre soir libre, la trésorerie continue de se dégrader et l'accord négocié arrive trop tard.
C'est pour cette raison que la série Remplaçables commence toujours par la même question posée à l'équipe, sans le fondateur : « qu'est-ce qui attend qu'il valide ? » Puis une feuille A4 : tâche, prénom, montant max, « si tu te trompes, je couvre ». La série filme ça pendant 5 jours, puis suit l'entreprise 90 jours. Vous pouvez candidater si votre entreprise tient à votre seul téléphone.
Ce soir : la liste des créanciers, du plus gros au plus petit
Ouvrez un tableau. Une ligne par créancier, le montant, la date. Classez par montant. Vous verrez probablement que 3 lignes font 70 % du total. Ce sont ces 3 conversations-là qui comptent. Vous ne savez pas encore si une conciliation s'applique à votre cas, mais vous savez à qui vous parlerez en premier. Demain, cette liste part chez votre expert-comptable.
