Plaquiste en sous-traitance : marges faibles, paiements tardifs
Vous êtes plaquiste. Vous travaillez surtout en sous-traitance pour des entreprises générales. Le prix est serré, le planning vous est imposé, et la situation est payée quand le donneur d'ordre est lui-même payé. Vous avez du travail, de l'équipe, et un compte en banque qui ne suit pas. Vous vous demandez ce que vous faites de mal. Peut-être rien. Cet article regarde ce qui coince dans une entreprise de plâtrerie en sous-traitance, et ce qu'on y change en 5 jours.
Le plaquiste au bout de la chaîne
En sous-traitance, vous êtes payé par quelqu'un qui est payé par quelqu'un d'autre. Le délai s'additionne. Votre situation du 30 est intégrée à celle de l'entreprise générale, validée par le maître d'œuvre, payée par le maître d'ouvrage, puis reversée. Si tout va bien. Sinon, vous attendez, et vous n'avez pas le client final au téléphone.
Pendant ce temps, les plaques, les rails, l'isolant sont payés au fournisseur. L'équipe est payée le 28. Vous portez le décalage. Et comme la marge est faible, un seul chantier en retard de paiement suffit à tout faire basculer.
Le chantier qui ne rapporte rien
Le vrai problème du plaquiste en sous-traitance est souvent invisible : un chantier qui coûte plus qu'il ne rapporte. Le prix a été accepté parce qu'il fallait occuper l'équipe. Les reprises demandées par le conducteur de travaux ne sont pas facturées. Les attentes sur chantier (l'électricien n'a pas fini, on ne peut pas fermer) sont du temps payé et non vendu.
Avant de dire oui au prochain chantier, lisez comment comprendre pourquoi un chantier ne rapporte rien. 5 lignes à vérifier. Et quand un donneur d'ordre ne paie pas, l'article sur le sous-traitant qui n'est pas payé dit ce qu'on peut faire sans se fâcher avec toute la place.
Les 3 signes, version plâtrerie
- La paie du 28 payée avec l'argent du 15. Vous attendez le virement d'une entreprise générale pour payer l'équipe.
- Plus de 20 000 € dehors depuis plus de 2 mois. Des situations validées, des retenues de garantie, des travaux supplémentaires jamais facturés.
- Malade une semaine, personne ne sait qui fait les devis. Et en sous-traitance, un devis non rendu à temps est un chantier perdu.
Les 5 jours chez un plaquiste
J1 : la liste
L'équipe sans le fondateur. « Qu'est-ce qui attend qu'il valide ? » La commande de plaques, la réponse au conducteur de travaux, l'organisation des équipes sur 3 chantiers, le chiffrage des travaux supplémentaires, l'heure de livraison. Disons 23 lignes. C'est le compteur.
J2 : l'argent
Balance âgée. Chaque situation, chaque retenue, chaque travaux supplémentaire non facturé. Relance le soir même, J+5, J+15. Une phrase, un montant, une date. Au conducteur de travaux d'abord, au service comptable ensuite. Les travaux supplémentaires non écrits ne sont jamais payés : on les écrit, désormais, le jour même, et une personne de l'équipe a le droit de les chiffrer.
J3 : la feuille
1 page A4. « Travaux supplémentaires jusqu'à disons 1 500 € : le chef d'équipe chiffre sur place, fait signer le conducteur de travaux. » « Commande de matériaux jusqu'à disons 3 000 € : Karim commande. » « Si tu te trompes, je couvre. » 2 signatures. Affichée dans le camion.
J4 : les machines
Une machine qui relance la nuit les situations en retard. Une machine qui prépare le brouillon de devis à partir des plans et des mètres carrés, avec la grille. Une machine qui trie les mails des conducteurs de travaux et sort les demandes de travaux supplémentaires. Une machine qui tient la trésorerie à 13 semaines, avec les délais réels de chaque donneur d'ordre, pas les délais du contrat. Jamais une machine avant une permission.
90 jours, un vendredi de 20 minutes
Après les 5 jours, chaque vendredi, 5 questions : la paie du 28, le compteur, l'erreur de la semaine, la reprise, la ligne suivante. Vers J30, 48 heures sans le fondateur. Vers J60, 7 jours ; ça casse presque toujours le 5e jour, souvent sur un conducteur de travaux qui veut « le patron » au téléphone. Le chef d'équipe apprend à dire : « c'est moi qui chiffre, voici la feuille ». Le fondateur garde 7 lignes : les prix, les 3 plus gros clients, embaucher et se séparer, signer au-dessus d'un seuil, la trésorerie à 13 semaines, le cap à 1 an, le dernier recours. C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 ; vous pouvez candidater.
Ce soir : les travaux supplémentaires de la semaine
Un geste. Pour chaque chantier en cours, écrivez ce que vous avez fait cette semaine qui n'était pas dans le devis. Une reprise, un doublage en plus, une attente. Mettez un montant devant. Demain, le chef d'équipe envoie la liste au conducteur de travaux pour signature. Vous venez de découvrir où partait la marge.
