Robot ou salarié ? La mauvaise question que se posent les fondateurs
Quand la trésorerie ne permet pas d'embaucher, la question arrive : robot ou salarié ? Est-ce qu'une machine peut faire ce que ferait la onzième personne ? Non. Et c'est une bonne nouvelle, parce que la question est mal posée. Une machine ne remplace pas une personne. Elle remplace des corvées, et rend du temps à des personnes qui peuvent alors décider. Voici la vraie répartition.
Ce qu'un salarié fait et qu'un robot ne fera pas
Il connaît les gens. Il sait que ce client paie toujours en retard mais paie toujours. Il sent quand un fournisseur ment. Il décide d'accorder 3 jours de délai parce qu'il a entendu la voix au téléphone. Il remarque que l'apprenti ne va pas bien. Il prend une décision quand la règle ne couvre pas le cas.
Tout ça, c'est du jugement. Une machine n'en a pas. Elle a des règles. Dès que la situation sort de la règle, elle s'arrête, ou elle fait une erreur. C'est pour ça qu'elle a besoin d'une personne à côté, et que cette personne a besoin d'un droit écrit.
Ce qu'un robot fait et qu'un salarié ne devrait plus faire
Relancer 12 factures à J+5 avec le même message. Trier 60 mails en 3 tas. Recopier les postes d'un devis dans un modèle. Rassembler les factures du mois dans un dossier. Mettre à jour la trésorerie à 13 semaines chaque nuit. Proposer un planning à partir des règles de la semaine dernière.
Ce sont des corvées. Sans décision, répétées, vérifiables. Un salarié qui y passe ses journées est un salarié dont on gaspille le jugement. Pour le test qui sépare les deux, voyez reconnaître les tâches répétitives.
La vraie question : qui décide quand la machine a fini ?
La machine relance. Le client rappelle. Qui décroche, et qu'a-t-il le droit de dire ? Voilà la question. Si la réponse est « le fondateur », vous avez un robot et un goulot. Si la réponse est « Nathalie, jusqu'à 2 000 € et 15 jours de délai, et si elle se trompe, je couvre », vous avez un robot et une salariée qui vaut plus qu'avant.
Le robot seul
Il fait la corvée. La décision qui suit remonte vers vous. Le compteur ne bouge presque pas.
Le salarié seul
Il fait la corvée et la décision. Il n'a le temps ni pour l'une ni pour l'autre. Il fait les relances entre deux appels, mal, et il n'a pas le droit de décider. Le compteur ne bouge pas.
Les deux, dans l'ordre
La feuille d'abord : la tâche, le prénom, le montant max, « si tu te trompes, je couvre », 2 signatures, affichée. La machine ensuite. Le salarié perd la corvée et gagne la décision. Le compteur descend. C'est l'ordre de la méthode NOHELM, le J3 avant le J4, et c'est ce que détaille automatiser sans licencier.
Pourquoi le robot ne coûte pas un poste
Dans une boîte de 10 en difficulté, il n'y a pas de poste à supprimer. Il y a 10 personnes qui font le travail de 12 ou 13, et la différence, ce sont des corvées réparties sur tout le monde, et sur vos soirées. Le robot prend ces corvées. Personne ne part. Chacun récupère un tiers de journée, qui part dans le métier et dans les décisions que la feuille lui a données.
- Le robot ne connaît pas vos clients : il ne peut pas remplacer la personne qui les connaît.
- Le robot ne juge pas : il ne peut pas remplacer la personne qui tranche.
- Le robot ne dort pas : il peut remplacer les soirées que ces personnes, et vous, passiez sur les corvées.
C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : une équipe qui garde tout son monde, des machines sur les corvées, et un compteur qu'on publie au J90 quel qu'il soit. Vous pouvez candidater.
Et si vous pensez vraiment à vous séparer de quelqu'un
Ce n'est pas une question de robot. C'est l'une des 7 lignes que le fondateur garde : embaucher et se séparer. C'est une décision humaine, encadrée par le droit du travail, et c'est un professionnel (avocat, expert-comptable) qui vous dira ce qui s'applique à votre cas. Une machine ne vous aidera pas à la prendre, et ne devrait jamais en être le prétexte.
Ce soir : une personne, deux colonnes
Choisissez la personne de l'équipe qui vous semble la plus chargée. Prenez une feuille. À gauche, ses corvées : ce qu'elle fait sans décider. À droite, ses décisions : ce qu'elle tranche, ou ce qu'elle pourrait trancher si elle en avait le droit. Si la colonne de gauche déborde et la droite est vide, vous avez votre réponse. Ce n'est ni robot ni salarié. C'est : donnez-lui la droite, et donnez la gauche à une machine.
