Est-ce qu'on paie la paie du 28 ? La question de trésorerie du vendredi
Vous savez si vous pouvez payer les salaires du mois, mais vous le savez seul, et souvent trop tard, le 25 au soir, en regardant le solde. La méthode sort cette question de votre tête et la pose chaque vendredi, devant l'équipe, en 3 minutes. Pas un tableau. Une question, une réponse, oui ou non, et un chiffre. Voici comment y répondre honnêtement, ce qu'on regarde, ce qu'on ne regarde pas, et ce que l'équipe fait de la réponse.
Pourquoi cette question, et pourquoi en premier
Dans une entreprise de 5 à 30 personnes qui va mal, le signe le plus net est celui-ci : la paie du 28 est payée avec l'argent qui rentre le 15 du mois suivant. On ne vit plus sur sa trésorerie, on vit sur les encaissements à venir. Tant que ça passe, on ne regarde pas. Puis un client paie en retard, et tout s'arrête.
La question 1 de la réunion du vendredi met ça au milieu de la pièce : « Est-ce que la paie du 28 est couverte avec l'argent qu'on a aujourd'hui ? » Pas avec l'argent qu'on attend. Avec l'argent sur le compte ce vendredi. Le reste de la réunion est décrit dans les 5 questions du vendredi.
Y répondre en 3 minutes
Ce qu'on additionne
Le solde du compte ce matin. C'est tout. Pas les factures émises, pas les promesses, pas le « il m'a dit qu'il virait lundi ». Le solde.
Ce qu'on soustrait
La paie du 28, charges comprises, le chiffre que votre comptable vous donne chaque mois. Puis les prélèvements certains d'ici le 28 : loyer, emprunt, fournisseurs déjà dus. On n'enlève pas « ce qu'on pourrait avoir à payer ». Seulement ce qui tombera.
Ce qu'on dit
« Oui, couverte, il reste disons 4 000 € après. » Ou : « Non, il manque disons 6 000 €, et on attend disons 15 000 € de 3 clients d'ici le 20. » Le chiffre se dit à voix haute. Si l'entreprise souhaite garder le montant pour elle, on dit au moins « oui » ou « non », et de combien de jours on est tranquille.
Ce que l'équipe fait de la réponse
- Si c'est oui : rien. On passe à la question 2. Pas de soulagement théâtral.
- Si c'est non : la personne qui a la permission des relances dit quels clients elle relance ce soir, à J+5 et à J+15. Pas le fondateur. Celle qui a la feuille.
- Si c'est non 3 vendredis de suite : c'est le signe qu'il faut sortir du cadre de la réunion et s'asseoir avec le comptable, puis, s'il le faut, un professionnel des entreprises en difficulté. Lui seul dira ce qui s'applique à votre cas.
Pourquoi le dire devant tout le monde
Vous pensez protéger l'équipe en portant ça seul. Vous la privez de la seule information qui lui permettrait d'aider. Quand une équipe sait qu'il manque disons 6 000 €, elle relance, elle décale une commande, elle propose de livrer plus vite pour facturer plus tôt. Quand elle ne sait pas, elle sent que ça va mal et elle regarde ailleurs.
Et pour vous, dire « non » un vendredi à 11 h 40, devant 9 personnes, change la question du dimanche soir. Elle n'est plus « comment je m'en sors » mais « qu'est-ce qu'on a décidé vendredi ». C'est ce que la série Remplaçables filme pendant 5 jours, puis 90 : la première fois qu'un fondateur répond non à cette question devant son équipe. Si vous connaissez ce silence, vous pouvez candidater.
Une dernière chose sur le chiffre : s'il est faux, dites-le vendredi suivant. « La semaine dernière, j'ai dit oui. J'avais oublié une échéance, c'était non. » Un chiffre corrigé à voix haute vaut plus qu'un chiffre juste qu'on cache. L'équipe apprend que la question 1 est une vraie question, pas un rituel.
Ce soir, répondez une fois, seul
Ouvrez le compte. Notez le solde. Enlevez la paie du 28 et ce qui tombera d'ici là. Écrivez le résultat sur un papier, en chiffres. Oui ou non. Puis demandez-vous si vous pourriez le dire à voix haute vendredi. Si la réponse est « non, jamais », c'est exactement le signe qu'il faut le faire. Pour voir plus loin que le 28, il y a la trésorerie à 13 semaines sur une page.
